Stéréotypes de genre dans le monde culturel? Marion Sugnaux présente sa journée conférence et répond aux questions de FRiStyle

Le Collectif féministes Sud Fribourgeoises et Ebullition organisent ce samedi 3 octobre une journée-soirée conférence sur le thème des stéréotypes de genre dans le monde culturel. Marion Sugnaux, responsable et fondatrice du collectif féministes sud fribourgeoises, a répondu à quelques questions pour FRiStyle.

 

Une journée-soirée pour « mettre fin aux stéréotypes de genre dans le monde culturel ». Peux-tu nous expliquer la problématique soulevée en quelques mots ?

En tant que femme, le chemin pour percer dans la culture est plus sinueux, car nous sommes encore déconsidérées par le milieu. Quand une femme parvient à se faire une place dans le domaine de la culture, on suppose que sa réussite est due à sa beauté, ou pire, à des relations sexuelles qu’elle entretiendrait avec ses supérieurs.

 

On imagine souvent que la culture est épargnée par ce problème parce que plus ouverte, plus créative, ce n’est pas le cas ?

Que ce soit dans le secteur des médias, du cinéma, des arts plastiques ou du spectacle vivant, le constat est le même : les femmes sont minoritaires dans les postes stratégiques des administrations et des entreprises culturelles. Parfois, elles sont évincées de certaines fonctions artistiques.

Certaines professions sont uniquement réservées aux hommes, comme par exemple celle de chef d'orchestre. Ainsi, il est extrêmement rare pour une femme d'être recrutée « première soliste » d'un orchestre, sauf si elle est auditionnée derrière un paravent.

Enfin, dans certaines disciplines moins connues du grand public, telle que la bande-dessinée, les femmes ne représentent que 10 % des dessinatrices, alors que la bande-dessinée est un secteur florissant de l'édition.

 

Malgré l’ouverture d’esprit ou la créativité accrue dans ce milieu, le sexisme reste présent. Le monde actuel présente encore de nombreux obstacles pour les femmes malgré les évolutions actuelles. Il est donc important d’en parler quotidiennement, afin que la population prenne conscience de notre situation et qu’elle décide, enfin, de donner aux femmes leur place légitime.

 

On a vu récemment le mouvement #MusicToo émerger ? Qu’est-ce qui fait que la parole se libère maintenant ? Est-ce la multiplication des cas et/ou les femmes qui se révoltent enfin ?

Rompre le silence !

Il est tant que la peur change de camp !

« 31 % des femmes travaillant dans le secteur musical disent avoir été victimes, au moins une fois, de harcèlement sexuel ». Tandis que pour les hommes, dans ce même secteur, leur pourcentage ne s’élève qu’à 3%.

Grâce à ce mouvement sur les réseaux sociaux c’est au tour des agresseurs de ne plus dormir sur leurs deux oreilles.

Je pense que les réseaux sociaux permettent dorénavant aux femmes à dénoncer ces violences. Les femmes en ont marre, les femmes ont mal, les femmes se rendent compte qu’en 2020, il faut parler, et ne plus laisser passer de tels affronts. Les mouvements féministes prennent de l’ampleur dans le monde entier, une sororité grandit et cela donne de la force à toutes ces femmes.

 

Peux-tu nous résumer le programme de la journée-soirée à Ébullition ?

La journée sera belle. Elle commence à 15h00 avec un marché artistique où les visiteurs et visiteuses peuvent admirer plusieurs artistes féminines (bijoutières, tatoueuses, designeuse, libraire, illustratrice, peintre…). Deux ateliers pour enfants seront proposés durant l’après-midi. Le but est de mettre en avant des femmes travaillant dans le domaine de la culture dans le sens large du terme.

Pendant ce temps, plusieurs conférences seront proposées sur la scène d’Ébullition avec comme thème : « Comment mettre fin aux stéréotypes de genre dans le monde culturel ? »

Notre but est d’aider les mentalités à évoluer sur les stéréotypes de genre, à travers évidemment diverses thématiques.

Le mot de fin sera donné à 20h00 par les organisatrices, Ébullition ainsi que l’association. En effet les recettes de la journée (à savoir des « entrées à votre bon cœur ») seront reversées à l’association « Au cœur de la Vie ».

Mais attention ! L’événement ne sera pas terminé pour autant ! La partie musicale mettra en avant la Bulloise Fiona Rody, alias Noria Lilt, qui nous fait l’honneur d’avoir organisé pour nous un workshop « Djing & Prosecco » avec, pour but, de nous faire taper du pied toute la nuit sous les rythmes techno.

Le collectif est très heureux de son programme et remercie des associations comme Milles sept sans pour leur participation. Nous espérons sincèrement sensibiliser les bars et boîte de nuit de Bulle au sujet du harcèlement de rue. Ébullition a d’ores et déjà signé leur charte Aretha, mais il semble nécessaire et essentiel que les autres établissements gruyériens fassent de même !

Les visiteurs et visiteuses pourront se restaurer tout au long de la journée grâce au partenaire du collectif, le restaurant « Gare à Toi ».

 

Qu’attends-tu de cette journée-soirée ?

Le but de cette journée est de sensibiliser le public contre les stéréotypes de genre. Je souhaite que les personnes présentes le 3 octobre à Ébullition rentrent chez elles avec de nouvelles perspectives, une curiosité sur le thème accrue, et un grand sourire. Je veux que les gens s’amusent, prennent du plaisir après cette période sanitaire compliquée mais je veux surtout que les gens voient l’importance de se sensibiliser, de se questionner et de s’instruire au sujet de notre cause.

 

Est-ce que d’autres événements de ce type sont prévus dans le canton ?  Si oui, où et quand ?

Le collectif féministes sud fribourgeoises est en train d’organiser son prochain événement culturel. Nous aimerions cette fois-ci être présentes dans le chef-lieu glânois. Nous avons choisi comme thème le corps des femmes, la vision de celui-ci et sa beauté. Ce nouvel événement devrait se dérouler dans le courant du mois de mai.

 

Si je te dis « FRIBOURG MON AMOUR », ça te dit quoi ?

« Fribourg mon amour » c’est pour moi la diversité que nous offre ce beau canton. Nous pouvons passer de la montagne au lac avant de s’arrêter sur une jolie terrasse en ville. Je crois tout de même que si devais nommer mon coup de cœur du canton, cela resterait la ville de Gruyère où j’ai toujours eu du plaisir à servir de bonnes fondues aux touristes, en dzaquillon !  

Merci à Marion Sugnaux pour ses réponses - La team FRiStyle

 

 

Comment mettre fin aux stéréotypes de genre dans le monde culturel ?

Sam 03/10/2020 à Ebullition à Bulle

Journée organisée par le Collectif féministes sud-fribourgeoises

Rencontre - Discussions - Portes 15h00

Entrée 0.-

 

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