Souriez! On tourne!

«Rencontres sur le tournage – La communauté du cinéma dans les photographies de Mario Dondero»

BCU Fribourg jusqu’au 29 juin 2019

«Il Cinema ritrovato» est le nom donné par la Cineteca de Bologne (centre de conservation et de restauration des oeuvres cinématographiques) à son festival annuel de films; il décrit bien l’expérience du visiteur découvrant l’exposition de photographies de Mario Dondero accueillie par la BCU de Fribourg et produite par la respectable institution bolognaise.

 

Plateaux de tournage en Italie

Photojournaliste italien, Dondero se fit connaître par un cliché pris en 1959 rassemblant les écrivains du «Nouveau Roman», alors que le mouvement littéraire vivait ses premières heures. Si Dondero fut un témoin de la vie littéraire de son époque, il le fut aussi pour la création cinématographique. C’est à ce travail, effectué dans les années 1960 sur des plateaux de tournage en Italie, que l’exposition consacre sa majeure partie.

Et c’est bien à un voyage dans l’histoire du cinéma que l’on est convié. Dans les années 1960, le cinéma italien vit l’âge des auteurs: Fellini (La Dolce Vita), Visconti (Le Guépard), et Pasolini (L’Evangile selon saint Matthieu), pour ne citer qu’eux, réalisent les oeuvres qui les imposent en maîtres de leur propre genre. Réalité illustrée avec humour par Pier Paolo Pasolini dans La ricotta, où son héros, réalisateur reconnu, est interprété par… Orson Welles (1). Pasolini, que Dondero prend d’ailleurs comme modèle de prédilection. Les photographies présentées permettent de le découvrir aussi bien dans l’intimité familiale, accompagné de sa mère (2), qu’en plein travail, par exemple pour la réalisation de Comizi d’amore - documentaire sur les moeurs des Italiens en matière de sexualité (3).

 

Vie réelle derrière la fiction

«Suivre la vie d’une communauté provisoire», telle était la formule du photographe au sujet de son travail sur les tournages de films. De cette communauté, les photos présentées livrent la part de vie réelle derrière la fiction. Le temps s’étire, se répète au rythme des prises, et l’on sent que le temps ramassé qui sera l’oeuvre du montage est encore loin. L’une retient son bustier dégrafé que nul oeil de spectateur n’intéresse encore, l’autre explique un rôle. Belmondo et la Cardinale rient de bon coeur entre deux scènes de La viaccia, film à l’histoire pourtant rude. On prend, pourquoi pas, la pose (4); l’occasion de continuer à jouer, cette fois son propre personnage. Provisoire, la communauté d’un film ne l’est alors plus. Elle poursuit son existence dans le regard de ceux qui la cristallisent à travers un objectif; celui d’un réalisateur, d’un photographe. Des regards qui se reflètent en miroir avec la délicatesse, l’empathie, parfois même la tendresse, de compagnons de route.

Louise Sauty de Chalon et Photos © Mario Dondero

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