"Le travail, c'est mes vacances!"

Fribourg, un froid matin janvier. La ville semble avancer lentement, bravant les températures basses. Tout semble au ralenti. Mais le froid ne semble pas avoir d’emprise sur François Aeby, qui m’accueille chaleureusement dans son atelier de la rue des Epouses. Il me prépare un thé sous fond de musique classique, qu’il me sert dans une tasse marquée du logo d’une pharmacie de la place. Nous trinquons et François Aeby, tout juste quinquagénaire, se raconte. Nous partons en voyage: nous nous plongeons dans sa manière de voir l’art.

 

L'Atelier de François Aeby, Rue Des Epouses

«L’art, c’est du travail. Le travail, c’est mes vacances, car c’est ma liberté.» François Aeby ne mâche pas ses mots. Il me fait un rapide cours d’histoire de l’art: «Tu vois, l’art, c’était la décoration des sépultures des morts il y a bien longtemps. Cela sevrait à honorer la mémoire. C’était utile ! Je crois que maintenant on arrive à l’apogée de l’art. On arrive à des œuvres ultra-contemporaines qui consistent en un mur blanc...ou autre chose du même style. Je n’arrive pas à le concevoir ! Le street art? Tout le monde fait la même chose ! » Mais pour lui, l’art peut se trouver partout. Libre. Comme sur les étiquettes de bières de Fri-Mousse qu’il a conçu, ou plus récemment l’emballage des biscômes de Suard. En allumant une énième fois sa cigarette, il se livre. «Ce n’est pas une vie facile, il faut savoir se défendre. Mais il faut surtout oser prendre des risques, savoir passer les barrières de sa zone de confort. La difficulté, c’est la liberté! Tu vois par exemple, l’emballage du biscôme des confiseries Suard, mais c’était dur ! » Il se lève, il me montre son travail pour Suard, réalisé à l’automne 2016. «Mais grâce à ça, j’ai rencontré des gens, ils sont venus dans mon atelier. On a sympathisé et une personne qui a gagné une sérigraphie m’a acheté plusieurs tableaux ! Ca fonctionne comme ça. On me dit que je suis un bon vendeur, mais j’ai pas le choix. Je dois vivre, payer mes factures, et mes loyers!» Comme tout le monde.

 

François Aeby dans son atelier

A observer l’artiste fribourgeois dans son atelier, j’ai l’impression de voir l’homme se transposer autour de nous. Pour lui, l’importance de son environnement de travail est primordiale. Il a aménagé son atelier de manière très personnelle. La musique classique qui flotte dans l’air donne une atmosphère calme et apaisante. François Aeby aime s’enfermer dans son atelier pour y travailler de longues heures. «C’est une sorte de méditation.» S’il est arrivé là aujourd’hui, c’est en partie en lien avec son papa, l’artiste Teddy Aeby. «J’ai deux héros dans ma vie. Mon papa et Clint Eastwood. Cela a été un électrochoc quand il est mort il y a 25 ans. Alors que j’ai toujours été un «sale gosse», je me suis réveillé. Je voulais réussir, avoir du talent, comme lui! Fils de, François Aeby se fait une place dans le paysage artistique fribourgeois, grâce à sa capacité de tout faire : graphisme, sculpture, peinture, dessin ou packaging. Son style est difficile à définir tant il manie avec talent les différentes techniques: entre poésie, regard acéré sur notre monde de consommation, amour de la liberté et perfectionnisme, François Aeby n’est décidément pas comme tous les autres.

François Aeby a plein de projets. La recherche de la simplicité, toujours, mais aussi se lancer de nouveaux défis, comme il l’a fait récemment pour une sculpture réalisée pour la paroisse de Villars-sur-Glâne. «C’était une magnifique expérience humaine! J’espère que j’aurai encore l’occasion de réaliser de telles œuvres. » Les défis, les contraintes, les difficultés, François Aeby en fait des forces, des moyens de réussir, d’innover et de vivre. Je finis mon thé, désormais froid, et je quitte l’atelier pour le froid de la rue . Mais François Aeby, en deux heures, en se livrant, m’a donné une drôle de force. Et je crois bien qu’il s’agit de la liberté…

 

 

4 questions à l’artiste :

Un paysage ? Ou je suis : l’éphémère, c’est l’essence de la vie.

Un beau mot ? Générosité : Je n’aime pas les gens qu’ils ne le sont pas.

Un musicien ? George Aeby, directeur et compositeur de la Landwehr de Fribourg, mon grand-papa. Mais sinon j’écoute aussi des artistes contemporains, Brigitte ou Phillipe Jaroussky, c’est magnifique..

Un outil ? Les mains, car elles sont toujours disponibles.

A découvrir : francoisaeby.com

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Plus sur l'auteur

Laville Lauriane

Laville Lauriane

Lauriane Laville est une jeune diplômée de l'Université de la Suisse Italienne, à Lugano. Désormais étudiante à l'Université de Berne, elle gère, entre autres, l'espace Club de Sept. Sportive, polyglotte, créative et curieuse, elle aime découvrir son environnement immédiat et même si des voyages l'ont porté au bout du monde, non, rien ne vaut une fondue avec le Moléson en arrière-fond.

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