J'ai testé pour vous: la splitboard

Tous les snowboarders appréciant le freeride connaissent un jour la situation suivante : une proposition d’une sortie en peau de phoque, l’enfer de suivre les potes en ski super à l’aise, alors que toi tu galères avec des raquettes à neige et un snowboard de 6kg sur le dos. Mais depuis quelques années, une solution existe, le splitboard, un snowboard de randonnée. FriStyle l’a testé pour vous.

Dimanche matin, 7h00. Je me demande quelle mouche m’a piquée pour me lever à une heure si matinale pour aller me promener par -12 degrés dans le Gantrisch. Mais l’appel de la liberté, de neige fraîche et d’adrénaline me pousse à préparer mes affaires. Je mets dans la voiture le matériel loué chez Surf Machine et c’est parti.

Avant de se lancer dans le vif du sujet, qu’est-ce qu’un splitboard au fait? C’est un snowboard composé de deux parties, détachables. On utilise les deux planches pour monter comme en ski de randonnée, avec deux peaux de phoques dessous. Au sommet, on enlève les peaux, on rattache les deux parties ensemble en changeant de position les fixations et on profite de la neige. Les avantages sont nombreux : déjà, à part un petit sac avec un thermos de thé (ou de vin chaud), une barre de céréale qui aura eu le temps de congeler pendant la montée, une GoPro éventuellement, pas de kilos supplémentaires sur le dos. De plus, on est plus rapides qu'en raquettes à neige, avec une meilleure accroche.

Arrivés dans le Gantrisch, nous parquons la voiture au lieu de départ de notre randonnée direction l’Ochse, un sommet du Gantrisch, perché à 2200 m. J’attache mes boots sur les fixations des planches. C’est facile et assez pratique, je suis même prête avant les skieurs. La première partie se fait assez facilement, sans grande difficulté. Je m’habitue gentiment au mouvement de glissade des planches. Mes boots, saluées par un ‘’tcheu ces paquebots’’ par un des experts en glisse de chez Surf Machine, me font par contre assez mal sur les mollets. Malgré tout, le plaisir est au rendez-vous : le silence brisé par nos respirations et le bruit de la neige qui se tassent sous nos planches, les paysages et la beauté du froid valent le réveil matinal et le mollet en feu.

Ayant plutôt une bonne condition physique, je remarque par contre que je reste plus lente que mes amis skieurs, même si, ok, c'est une première. Mes planches sont plus lourdes, moins stables surtout dans les parties en dévers, où il est difficile d’équilibrer le poids du corps sur ces lattes très larges. Mon manque de technique se fait également ressentir dans des passages plus compliqués ou étroit. Mais en installant les couteaux, je gagne tout de suite en stabilité et en accroche, et donc en sentiment de sécurité. Même si les couteaux me ralentissent, je rejoins le ‘’dépôt skis’’ sous le sommet sans difficulté. Par contre, à ma grande surprise, les conversions se font sans trop de soucis : c’est un coup à prendre, qui vient plutôt vite de mon côté. Bien que plus lourdes, le fait que les planches soient plus courtes rend les conversions peut-être plus faciles, même si j’avoue, j’ai quand même une petite chute à mon actif !


Au sommet, je me casse les dents sur une barre de céréales congelée tout en admirant la vue. Ca valait la peine! J’enlève les peaux et je remets la splitboard en une partie. Tout est très facile. Désormais, l’inconnu est derrière moi : descendre ne sera qu’une partie de plaisir totale. Et effectivement ! J’avais une mini-appréhension quant à la réponse de la planche, mais elle est parfaite, et les minutes suivantes ne sont que du bonheur noyé dans 30 cm de neige fraîche et légère. Je m’éclate plus que mes skieurs dans la partie légèrement plus carton de la descente. Je gagne facilement de la vitesse et j’arrive à la voiture avec un souriant géant sur le visage. C’était trop court, mais ce fut que du bonheur !

Au jour + 1, planche rendue chez Surf Machine à Bulle, j’ai encore des étoiles dans les yeux et mon mollet douloureux a disparu. Pas de courbatures, ni de jambes lourdes. En conclusion, même si la splitboard reste moins efficace que des vrais skis de randonnée, il faut prendre son temps et apprécier le chemin. De toute façon, on est en montagne, les montres ne devraient pas exister! Il y a de quoi se faire plaisir et cette nouvelle liberté vaut les quelques défauts de la montée. En descente, la planche louée (une Nitro) était parfaite, répondait super bien et possédait une très bonne stabilité.


La splitboard est pour tous les snowboarders ayant un mininum d’endurance et de technique dans la poudre. Allez-y la première fois avec quelqu’un qui est expérimenté et qui connaît le matériel et la montagne. Ne visez pas trop haut la première fois, afin de pouvoir tester votre matériel et vos sensations.
 

Merci encore à Surf Machine pour les conseils, la convivialité et le matériel !

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Plus sur l'auteur

Laville Lauriane

Laville Lauriane

Lauriane Laville est une jeune diplômée de l'Université de la Suisse Italienne, à Lugano. Désormais étudiante à l'Université de Berne, elle gère, entre autres, l'espace Club de Sept. Sportive, polyglotte, créative et curieuse, elle aime découvrir son environnement immédiat et même si des voyages l'ont porté au bout du monde, non, rien ne vaut une fondue avec le Moléson en arrière-fond.

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