Derrière les rideaux des Francos

Lorsqu’on vient pour un concert, que tout semble organisé, on a parfois du mal à imaginer le travail qu’un festival requiert. FriStyle a donc fait un pas derrière les rideaux des francomanias avec Laurent Buchs, membre fondateur des francos. Suivez la visite!


22h et des poussières, espace presse de l’hôtel de Ville de Bulle, Laurent Buchs vient à notre rencontre, chemise blanche entrouverte, l’air un peu blasé, comme si la tâche qu’il l’attendait, nous faire visiter les coulisses des francos, ne l’impressionnait guère. Et à raison: c’est l’un des membres fondateurs du festival, l’un des derniers à être là depuis le début. Très vite, alors que l’on monte les escaliers pour la mythique salle de l’hôtel de Ville, les anecdotes pleuvent. Il nous parle d’Obispo, d’Axelle Red ou de Thiéfaine comme si c’était des proches. Il s’arrête sous la coupole de la salle et commence un petit exposé. “On peut accueillir 500 personnes ici. Mais bon, avant que les normes de sécurité augmentent drastiquement, on a accueilli jusqu’à 1000 personnes. C’était le temps des concerts d’Higelin, Thiéfaine et compagnie.” Ses yeux brillent à ces souvenirs nostalgiques. “Un concert de Jacques Higelin a duré jusqu’à 3h du mat’, il se moquait des flics qui essayaient d’arrêter le concert. Mythique. Et je me rappelle lorsqu’on a dû enlever les fenêtres de la salle tellement on avait chaud pendant un concert de Thiéfaine.”


Désormais, tout est beaucoup plus réglé. Mais l’esprit original du festival est encore bien présent. Le dénominateur commun de toutes ces personnes qui y travaillent tout le long de l’année et depuis des décennies parfois, c’est la passion. “Il faut se rendre compte que les sites du festival ne sont pas du tout fait pour ce genre d'événement. C’est un casse-tête logistique mais surtout technique ! Les membres du staff technique font des prouesses incroyables pour arriver à un tel résultat.” Il nous explique qu’il y a environ 50 techniciens pour la durée du festival, tout en se rendant dans le backstage de la petite scène de la place du Marché.

La vue depuis les backstages de la scène de la place du Marché



Nous nous retrouvons sur les marches de la scène, à quelques mètres des artistes, avec l’impression d’entrer dans un monde secret et inconnu pour la grande majorité des spectateurs. Ensuite, nous nous rendons vers le château. “C’est vraiment le coeur névralgique du festival: il y a les loges des artistes, un caveau pour le staff et des bureaux.” Laurent Buchs nous confie apprécier que le festival soit revenu au centre de ville et ait investi le château. “Même si Espace Gruyère était une solution pluie parfaite, je crois que les Bullois s’approprient le festival d’une manière plus forte s’il est au centre ville. Le château offre une plus-value vraiment intéressante.” La cour du château, qui accueillait hier soir Juniore et Fishbach, peut contenir jusqu’à 350 personnes. Nous montons ensuite à l’étage pour le moment fort de la visite: les loges des artistes. Une grande salle style lounge nous attend, des valises disposées un peu partout, souvent ouvertes, laissant entrevoir un peu de la vie intime des musiciens, une pancarte indiquant la marche à suivre pour le wifi, un buffet mélangeant produits de la région et sushis, des fenêtres grandes ouvertes sur les douves du château, l’ambiance y est chaleureuse, calme et conviviale. Laurent Buchs nous sert un verre en s’asseyant dans les chaises confortables et nous apercevons les musiciens de Fishbach qui s’en vont vers la scène. “L’accueil des artistes est primordial et beaucoup reviennent à cause de ça. On les promène dans la région et puis bon… s’il fait beau en Gruyère, qui a envie de repartir?” Il sourit et nous raconte les visages ébahis des musiciens arrivant en Suisse pour la première fois, fascinés par la beauté alpine de la région. “On mise aussi sur la qualité de l'acoustique et de la musique en général. Par exemple, pour un concert d’Axelle Red, on lui a fourni des musiciens car les siens ne pouvaient pas l’accompagner. Elle m’a sauté dans les bras à la fin du concert en me disant que c’était un des plus beaux jours de sa vie! Pareil pour Charlie Winston l’année dernière, qui a dit que c’était un de ses plus beaux concerts !” De manière général, Laurent Buchs décrit les artistes comme polis, ouverts et sympas. “Peu de gens chiants, franchement! Et la plupart restent un peu pour visiter la région.”

 

Les loges du festival 



Même si le festival a beaucoup changé en termes de programmation, de style et qu’on est désormais loin de la période où les amies des organisateurs vendaient des gâteaux pour financer les artistes, le quelque chose de si spécial qu’ont les francomanias, un mélange entre la chaleur humaine, la convivialité, la passion, est toujours bien là.


D’ailleurs hier soir, c’est de sa voix envoûtante et avec une attitude quelque peu charmeuse que Paul Plexi ouvre les festivités des Francomanias avec succès ! Jeune interprète et auteur-compositeur ayant sorti son premier EP dernièrement, il nous fait voyager à travers ses morceaux à la Baschung où il dépeint la vie de tous les jours ainsi que son époque dans des nuances plutôt métaphoriques. Pari réussi pour le chanteur qui nous apprivoise peu à peu au fil du concert et nous transporte dans ses paroles sensibles et légères, visiblement très appréciées par le public. A la cour du Château, Juniore. Le trio féminin imposent une atmosphère plutôt macabre de premier abord, toutes vêtues de noir sauf l’un de leur musicien déguisé tel un spectre squelettique, laisse perplexe. Mais c’est au fil du concert que leur art du décalage conquiert et les rend incomparable ! Pour les amoureux de la chanson française, cet univers sixties, rock’n roll et mélancolique ne peut que vous surprendre, au mieux vous subjuguer. The Angelcy, sur la place du marché, ont su conquérir avec un peu d’humour et des tonalités chaudes un public curieux. Finalement, Fishbach, indéfinissables et énergiques  dans la cour du château - on retrouve des nuances de Mylène Farmer, Patricia Kaas, le tout sur fond de synthétiseurs et de basses acharnées ont réussi à faire bouger le public bullois.

Ce soir, au programme: Régis, Petit Biscuit, The Geek x VRV, Liev et pleins d’autres!


Mélissa Kunz et Lauriane Laville

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Laville Lauriane

Laville Lauriane

Lauriane Laville est une jeune diplômée de l'Université de la Suisse Italienne, à Lugano. Désormais étudiante à l'Université de Berne, elle gère, entre autres, l'espace Club de Sept. Sportive, polyglotte, créative et curieuse, elle aime découvrir son environnement immédiat et même si des voyages l'ont porté au bout du monde, non, rien ne vaut une fondue avec le Moléson en arrière-fond.

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